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Les cyclistes moins exposés que les automobilistes à la pollution atmosphérique!

Dans le cadre de la conférence intitulée « Vélo, air et santé » qui se déroulait le 18 juin à Strasbourg, I Bike Strasbourg revient aujourd’hui grâce à Michaël Bertin* qui était présent, sur une présentation réalisée par Cyril Pallarès de l’ASPA (Association pour la Surveillance et l’étude de la Pollution Atmosphérique en Alsace).

Après avoir rappelé quelques généralités (un adulte inhale 15000 litres d’air par jour, l’exposition à la pollution atmosphérique dépend de la concentration et de la nature du polluant, c’est lors des déplacements que l’on est le plus exposé à la pollution atmosphérique…), l’orateur a présenté les résultats d’une campagne de mesure effectuée dans l’agglomération mulhousienne.

Elle avait pour objectif de quantifier les expositions d’un automobiliste et d’un cycliste lors de déplacements « types ». La campagne a été réalisé avec un tricycle qui permettait d’embarquer le matériel de mesure (prêté par Air Parif qui a réalisé une étude similaire) qui pouvait se « faufiler » comme un vélo normal. Cela tend à considérer les résultats comme maximisant.


Source : Airparif

Il ne s’agit pas d’une comparaison directe sur un même trajet mais d’une comparaison entre deux trajets urbains pour le cycliste (un nord/sud et un est/ouest) et deux trajets pour l’automobiliste (un extra-urbain puis urbain et un autre dans le centre de Mulhouse).

Voici les grandes conclusions et principaux enseignements:

- Le cycliste reste moins exposé qu’un automobiliste d’un facteur 2 à 3 aux particules et aux oxydes d’azote (NOx).
- En prenant en compte la surventilation liée à l’effort (1,2 à 2 fois plus d’air inhalé), les résultats restent toujours favorables au cycliste qui reste moins exposé ou à des niveaux comparables.
- Quelques mètres suffisent pour baisser rapidement l’exposition du cycliste : cela tend à encourager les aménagements cyclables séparés de la chaussée.
- Les niveaux moyens enregistrés sont au delà des stations de mesures présentes sur l’agglomération qui sont représentatives du « fond de pollution urbaine »
- Les « points noirs » de l’exposition des cyclistes sur ces trajets sont les endroits où les voitures redémarrent : feux, carrefours, embouteillages…
- Le cycliste semble bien plus en mesure d’optimiser son exposition (notamment en choisissant son trajet) que l’automobiliste bien plus dépendant des conditions – Suivre un poids lourd, un bus, une voiture de grosse cylindrée ou un excité de l’accélérateur ascendant Sébastien Loeb entraîne un pic d’exposition que l’on soit à vélo ou en auto.
- L’habitacle d’une voiture ne protège en rien de la pollution. Les niveaux moyens d’exposition sont identiques que l’on roule fenêtres fermées ou ouvertes.

Pour ceux qui voudraient en savoir plus, les détails de l’étude de l’ASPA sont disponibles ici (partie 1 et partie 2). Les conclusions de cette étude sur l’agglomération mulhousienne qui corroborent celles de l’étude similaire réalisée à Paris par Airparif en 2008, mettent donc clairement en avant le fait, qu’en plus de ne pas rejeter de polluants, les cyclistes sont moins exposés à la pollution atmosphérique que les automobilistes.

Source: http://www.ibikestrasbourg.com/

* Michaël Bertin est chargé de la qualité de l’air et de l’adaptation au changement climatique pour l’Etat au sein de la DREAL Alsace (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) où il travaille à la révision du Plan de Protection de l’Atmosphère de l’agglomération de Strasbourg.



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4 Commentaires, Commentaire ou Rétrolien

  1. Jean-Marc

    - Les « points noirs » de l’exposition des cyclistes sur ces trajets sont les endroits où les voitures redémarrent : feux, carrefours, embouteillages…

    C est pourquoi, afin de ne pas se prendre les pots d’échappement dans le nez, lors de leur démarrage, il est essentiel, lors de l’attente aux feux, de ne pas rester derrière les voitures,
    mais de venir dans le sas cycliste, devant la 1ere voiture
    (et devant ou derrière le passage piétons, cela dépend, s’il existe une place dispo entre la 1ere voiture et le passage piéton, ou non).

    Que ce sas soit matérialisé par la peinture d’un vélo/d’un cycliste, OU NON.


    Quelques mètres suffisent pour baisser rapidement l’exposition du cycliste

    C’est pourquoi,
    lors d’embouteillages /de file de voitures arrêtées ou quasi à l arrêt à un feu/stop/pendant qu’une voiture se gare/… , il existe une solution, NON légale malheureusement*, pour être moins exposé tout en remontant la file de voitures plus facilement :
    il suffit de s’écarter des pots d’échappement en roulant (au pas! et en laissant la priorité aux piétons) sur le trottoir; et d’en redescendre dès qu’on a remonté la file et/ou dès que la file recommence à bouger (pour s’insérer dans la file)

    * sauf si vous avez moins de 8 ans…

  2. Laurent

    La participation aux embouteillages serait donc une forme d’autodestruction, comme quoi toute maladie secrète ses propres anticorps.

  3. bikeman

    Petite précision : même si le sas à vélo est occupé par un véhicule motorisé (voiture, camionnette etc.), alors il faut surtout venir se placer devant, ceci afin ne pas inhaler trop de saloperies, et surtout pour faire comprendre au chauffard qu’il est positionné au mauvais endroit.
    Quitte même à disposer son vélo légèrement en biais afin de ne pas gêner les piétons qui traverseraient sur le passage piéton situé svt devant le sas à vélo…

    Et voici un graph dont on ne se lasse pas:
    https://fbcdn-sphotos-f-a.akamaihd.net/hphotos-ak-ash3/560572_362814140421409_1773556374_n.jpg

  4. vesan

    Je ne sais pas trop où caser cela, mais il est bon de savoir que la bagnole est aussi à l’origine du cancer du sein chez l’homme.
    « Le lien le plus fort a été retrouvé chez les hommes mécaniciens de véhicules à moteur, dont le risque de cancer du sein est élevé et augmente avec la durée de l’emploi. Cette constatation suggère l’existence d’un lien avec l’exposition aux essences et aux produits pétroliers. »

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