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Secousses statistiques au sujet du risque nucléaire

Que diable allaient-ils faire dans cette galère.

Deux ex-d’EDF ou du nucléaire passés dans le camp adverse des anti-nucléaires se sont fait épingler pour une grossière erreur d’analyse statistique (1). Piégés par leur illustre passé de compétences scientifiques et techniques, ils ont cru bon de donner quelques précisions chiffrées sur les risques d’accident nucléaire en Europe et en France. Par un article paru dans un quotidien national (2), ils ont voulu être clairs sur la menace nucléaire et parlé de « certitude statistique » pour les risques d’accident nucléaire. Mais emportés par leur élan, ils ont avancé des chiffres incompatibles avec les notions élémentaires des calculs de probabilité. La faute immédiatement repérée par des spécialistes en la matière a été sanctionnée d’un zéro pointé en statistique…

Indépendamment de son cadre mathématique, cette erreur grossière est très intéressante en elle-même, puisqu’elle montre que même des experts et sommités scientifiques au parcours irréprochable peuvent commettre dans leurs propres domaines d’expertise des raisonnements impardonnables.

Mais que diable allaient-ils faire dans cette galère statistique, plus inutile encore après la catastrophe de Fukushima, puisque l’événement japonais ne fait que confirmer la dangerosité intrinsèque du nucléaire déjà connue et dénoncée depuis ses débuts.

Pour un écologiste de base, plus de précision statistique est aussi inutile que la catastrophe de Fukushima. L’ordre de grandeur aggravé du risque nucléaire était largement suffisant et la précision des chiffres totalement inutile. D’autant plus que l’imposture nucléaire n’est plus à démontrer et qu’« en finir avec le nucléaire » (3) est plus une urgence éthique qu’une question technique. Pour l’urgence éthique contre l’imposture énergétique, lire Ivan Illich, « Énergie et Équité », tout y est écrit dès les premières lignes (4).

Statistiques intuitives pour écologistes

S’inscrivant, au plus mauvais moment pourrait-on dire, dans la suite de Three Mile Island et de Tchernobyl, la catastrophe de Fukushima ajoute une révélation nouvelle, lourde de conséquences sur la nature de l’aventure nucléaire. Par sa seule survenue, « l’événement » fait changer la catégorie statistique de l’accident majeur, « d’extrêmement improbable » il devient probable, y compris pour les nucléocrates.

La catastrophe japonaise détruit ainsi l’échafaudage théorique ayant validé dans la sphère médiatique l’imposture dite « civile » du nucléaire. L’extrapolation facile des experts, assimilant l’« extrêmement improbable » au (quasi) « impossible » ou « impensable », quitte le domaine scientifique pour s’inscrire définitivement dans le cadre de l’a priori idéologique. En d’autres termes, la statistique qui donnait un semblant de sérieux scientifique aux doctrines officielles de « sûreté nucléaire » se retrouve disqualifiée.

Cette analyse sage et logique est celle que peuvent se permettre des écologistes de base antinucléaires comme il se doit.

Dans la caste supérieure des technocrates et nucléocrates, les avis semblent plus nuancés, du moins en apparence. Des idées divergentes semblent s’exprimer, mais pour l’ensemble de la clique, quels que soient les chiffres et données statistiques, une chose est sûre: sortir du nucléaire il n’en est pas question… du moins pas avant une catastrophe jugée suffisamment grave dans leur grille spécifique d’analyse.

A ce jour, plus d’un an après les événements du 11 mars 2011, une chose effrayante et claire se confirme. La doctrine officielle très spécifique de l’État Français n’identifie toujours pas d’accident nucléaire à Fukushima. Comme le dit très précisément VGE, le père de « l’indépendance énergétique » de la France: « la filière nucléaire n’est pas en cause »,  « le système de protection de la centrale a été mis à mal par une catastrophe naturelle. » (5) Alors que faire des données statistiques dans tel contexte d’arbitraire?

« Les statistiques on s’en fout ! »

En définitive tout le monde s’en fout, des statistiques. Certainement valables et grisantes énoncées sur le papier, elle sont aussi et sûrement surtout très utiles dans la sphère médiatique. Mais dans le monde réel du nucléaire, ces statistiques aussi savantes qu’elles soient, ne sont d’aucune aide. Comme le dit tout bêtement à chaud un haut responsable d’une autorité dite de « sûreté » nucléaire: « Personne ne peut garantir qu’il n’y aura pas d’accident grave en France » (6) Là s’arrête la précision statistique, par cet aveu d’impuissance d’André-Claude Lacoste, le président de l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) sensé être l’homme de la situation.

Là commence aussi la mystification médiatique. Comme le dit si joliment et même très intelligemment l’homme de pouvoir qu’est Henri Proglio s’adressant directement a son peuple de clients d’EDF: « Avant Fukushima, on pensait simplement qu’un accident était tellement improbable qu’il était inutile d’alourdir la facture d’électricité des Français. Après on a décidé d’écarter la notion de probabilité et d’intégrer l’improbable dans nos scénarios. » En gros: les statistiques on s’en fout!

Mais l’homme fort d’EDF, le « capitaine de l’équipe de France du nucléaire », a d’autres grandes qualités à ne pas négliger. Non seulement fin sociologue de l’énergie, il sait aussi se montrer brillant psychologue pour être humblement à l’écoute des craintes légitimes des Français. Parfaitement conscient de ces aspects du problème, il précise de suite: « Mais il faut aussi protéger la population contre le sentiment d’une insuffisance de sûreté« . En clair, il faut protéger la population, non pas du nucléaire, mais d’elle-même et très précisément de son sentiment d’insécurité toujours délétère…

Le PDG d’EDF, en fin tacticien politique, sait qu’il faut se donner les moyens de contrôler l’opinion: « S’il monte dans l’opinion, le sentiment d’insuffisance de sûreté pourrait conduire à des décisions irrationnelles pour le contenir, comme la fermeture de centrales. » (7) Traduit en langage clair, pour le PDG d’EDF, les milliards supplémentaires engloutis dans le dossier « sûreté nucléaire » ne sont plus mobilisés pour éviter un accident mais avant tout pour protéger le nucléaire de décisions irrationnelles prises devant la « montée dans l’opinion d’un sentiment d’insuffisance de sûreté ».

On résume: d’abord contrôler l’opinion, ensuite et toujours contrôler les décisions irrationnelles de la classe politique et bien sûr pour la « sûreté » nucléaire, les statistiques ennuyeuses on s’en contre fout. Telle est la triste réalité de la « sûreté » nucléaire française après la catastrophe de Fukushima. Le schéma est exactement le même que dans l’Archipel du Soleil Levant. Là-bas toute l’incurie et la corruption de la classe dirigeante ont été révélées brutalement par la catastrophe et le doute s’est emparé de la population et l’opinion, saisie par le « sentiment d’insuffisance de sûreté » est devenue incontrôlable…

Le directeur de l’ASN s’inscrit dans la même ligne stratégique. Mais plus grossier dans sa démarche il s’exprime en termes ouvertement militaires. Il veut « bunkériser » le nucléaire et parle de « force d’intervention rapide nucléaire ». Pour lui au moins une chose est sûre, même si elle n’émane pas de la science statistique: « L’accident nucléaire est une certitude » à venir et l’on doit mobiliser les grands moyens pour l’affronter.

Le Château de Fessenheim et la menace nucléaire

Des bruits ont couru sur l’avenir de la plus vieille centrale de France… Depuis Fukushima, une menace de fermeture plane sur celle de Fessenheim. Le ministère de l’écologie reste dans le flou sur la fermeture, « non prévue », elle « n’est pas exclue ». Au village c’est l’attente anxieuse. L’ASN ausculte la centrale. On attend son pronostic. Les syndicats sont sur le pied de guerre, ils tiennent à leur « outil de travail » et sont sûrs de leur légitimité sociale car derrière eux ils ont toute la population du village de Fessenheim.

Au regard de l’histoire, à Fessenheim comme dans la plupart des villages satellites des centrales ou autres centres d’expérimentation thermonucléaire comme ITER, on a une situation paradoxale: le Château technologique fait « vivre » le village. La Centrale s’impose comme l’horizon indépassable du village.

On n’est plus au Moyen Age où les villageois devaient faire vivre le Château. Miracle de la science, à l’age atomique c’est exactement le contraire qu’à l’âge de la bougie, le Château n’inspire plus la crainte et aucun ressentiment n’est perceptible dans la population, pas de résistance et encore moins la révolte des villageois.

A Fessenheim en Alsace, les villageois ne sont plus des culs-terreux, on n’est pas non plus à Creys-Malville en Isère. « La centrale on l’aime bien » disent les villageois, « elle est flambant neuve », « on n’en a pas peur ». Tout baigne dans un bonheur durable et désirable pour l’ensemble des villageois.

Rares sont les évènements indésirables susceptibles d’altérer l’idylle du village et du Château. Dans la Drôme, le Château du Tricastin a fini par faire de l’ombre aux coteaux du même nom. A la suite d’une fuite radioactive sur le site nucléaire et d’événements jugés « mineurs », d’après les autorités du lieu, l’Aoc du vin du Tricastin a vu son image se ternir. On a dû la changer et tout est rentré dans l’ordre avec la nouvelle appellation « Grignan-Les Adhémar »

Abondamment abreuvés d’une énergie électrique quasi-gratuite, les villageois regardent la centrale comme leur soleil, leur source de vie locale, pourvu qu’elle dure! L’idylle entre le village et le château est parfaite et semble éternelle, le « gros pépin » personne ne l’imagine possible à Fessenheim. Il faut être un écologiste étranger au village pour penser une chose pareille.

Le boucher charcutier de Fessenheim est catégorique, comme le seigneur du Château, il ne s’embarrasse pas avec les calculs statistiques. Au journaliste qui l’interroge sur son sentiment d’insuffisance de sûreté après Fukushima, il répond clairement « J’ai plus peur du complexe chimique Rhodia à quelques kilomètres que du nucléaire. » Logique, et Fukushima par rapport à Fessenheim, c’est à l’autre bout du monde. Au village de Fessenheim c’est donc « l’union sacrée pour défendre la centrale » (8).

Cependant Jacques Repussard, patron de l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire), ne partage pas l’avis du boucher charcutier du village, aussi bien éclairé qu’il soit par celui du seigneur du Château. Dans la tête de cet éminent expert, l’événement nucléaire de Fukushima, aussi éloigné qu’il soit de Fessenheim, a eu quand même quelque incidence préoccupante sur les statistiques d’accident grave en France.

Le patron de l’IRSN estime qu’avec cet événement supplémentaire: « le nucléaire fait jeu égal avec la chimie » (9). On ne sait pas s’il est compétent en statistique, mais en toute logique technique, pour un responsable d’une autorité savante de « sûreté nucléaire » et de  »radioprotection »: « C’est insuffisant« .

En effet, un Bhopal tous les 10 à 20 ans, ce n’est pas très rassurant pour une « énergie propre » capable à la fois de fournir à la France une fière « indépendance énergétique » et de « sauver la planète » du réchauffement climatique.

Avec cette sombre estimation statistique d’un obscur nucléocrate, le boucher charcutier du village de Fessenheim verrait peut-être sa centrale « bien aimée » d’un autre œil, mais le seigneur du Château veille à la paix des âmes, des ménages et des foyers autour de ses centrales.

« Bouilloire diabolique pour les anges »

Après cette estimation statistique à la louche, compréhensible par un écologiste, mais lourde de conséquences, le patron de l’IRSN continue son analyse savante… Puis, fait admirable pour un nucléocrate, il se laisse aller à une réflexion d’ordre philosophique: « On peut se poser la question: l’homme est-il en mesure de maîtriser cette technologie pour diviser au moins par deux ce risque d’accident? Y a-t-il une barrière? Ce serait une conclusion inquiétante, car cela signifierait qu’avec 1000 réacteurs installés, un accident grave se produirait en moyenne tous les dix ans, ce qui n’est pas supportable. »

Bien avant lui, des grands noms de la physique atomique, inscrits dans l’épopée scientifique du 20e siècle, ont déjà répondu « Non! » à cette question éthique. On dit qu’Einstein a comparé les réacteurs nucléaires à des « bouilloires diaboliques » et plus récemment Hubert Reeves a dit de l’énergie atomique qu’elle était une « technologie pour les anges » surtout pas pour les « faillibles humains ».

Ont-ils eu besoin pour condamner cette technologie de pousser très loin la précision statistique du risque? Le problème majeur de ces deux bonhommes est qu’ils ne sont que des scientifiques de la physique nucléaire et de l’astrophysique. Leur vision du monde est donc beaucoup trop large. Ils n’ont pas eu le privilège exceptionnel de bénéficier d’une bonne éducation dans une Grande École française, comme Polytechnique. Privés de ce bagage culturel indispensable, ils n’ont pas pu atteindre le stade du pragmatisme technocratique et, en conséquence de leurs errances intellectuelles, ils sont malheureusement encore capables d’exprimer des opinions très personnelles sur la chose nucléaire.

Crédits militaires contre l’homme et la nature

Par chance pour l’atome national, Jacques Repussard, directeur général de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté nucléaire (IRSN) depuis 2003, présente lui un curriculum vitae irréprochable. Au pas de gymnastique si non de charge, il a franchi toutes les étapes indispensables pour être un nucléocrate convaincu. Né en janvier 1950, il est diplômé de l’École Polytechnique (promotion 1968) et de l’École nationale des Ponts et Chaussées (1973), il est également ingénieur en chef du Corps national des ingénieurs des Mines (hors cadre).

Après son envolée philosophique sur l’avenir de l’homme et la technique, il se ressaisit soudain et, en bon technocrate pragmatique, il revient au nerf de la guerre et parle de gros sous. Dans le nucléaire, l’unité de base qui s’est depuis longtemps imposée est le milliard.

Cependant, avant de réclamer le magot salvateur des « bouilloires neutroniques », il donne quelques précisions sur le but et la nature de la « sûreté nucléaire ». Le vocabulaire devient plus militaire. « Il faut donc consolider la défense en profondeur vis-à-vis de l’aléa naturel, humain –terrorisme compris- et continuer à travailler sur la réduction des conséquences des accidents. Les crédits de recherche de l’IRSN sont en ce sens des investissements de la nation. Or dans « le grand emprunt », il n’y a rien pour la sureté nucléaire, alors que le CEA (Commissariat à l’énergie atomique) a reçu des moyens pour développer un nouveau réacteur rapide. C’est typique d’une époque où l’on pensait les problèmes de sureté résolus« .

Pour perpétuer l’aventure nucléaire, le patron de l’IRSN part en guerre contre « l’aléa nature et le facteur humain » et en conséquence de cette prise de conscience de l’origine de la menace, il réclame des crédits militaires.Lors de son offensive, il révèle l’existence dans la sphère des nucléocrates de quelques divergences sur la stratégie future du nucléaire ou plus prosaïquement sur le partage du magot.

Consciente aussi de la nécessité d’une mobilisation générale de la nation pour sécuriser par la « sureté » le nucléaire, l’ASN surenchérit sur l’IRSN. Elle exige comme lui des « dizaines milliards d’euros » (11), « Il faut un investissement massif » s’écrie André-Claude Lacoste son patron (12).

Quelle que soit la précision des calculs statistiques, le risque d’accident nucléaire ressenti comme aggravé à la suite de Fukushima, aura fait deux heureux gagnants dans l’enceinte nucléaire française, l’ASN et l’IRSN. La catastrophe japonaise révèle à nouveau les deux ennemis héréditaires du nucléaire à combattre: l’homme imprévisible et la nature capricieuse.

L’idéal du contrôle total des aléas humains et naturels exigé par les agences de sûreté rejoint le contrôle social et culturel, de l’opinion et du « sentiment d’insuffisance de sureté » pensés par le seigneur du château.

Lire Ivan Illich, « Énergie et Équité », le programme de cette guerre était prédit de manière claire dès les premières lignes, avant même l’aventure française dite « civile » du nucléaire. On est en 1973: « Les politiques de l’énergie qui seront appliquées dans les dix prochaines années décideront de la marge de liberté dont jouira une société en l’An 2000. Une politique de basse consommation d’énergie permet une grande variété de modes de vie et de cultures. […] Si, au contraire une société se prononce pour une forte consommation d’énergie, alors elle sera dominée dans sa structure par la technocratie et quelle que soit son étiquette politique, libéralisme ou socialisme, cela deviendra pareillement intolérable. »

Notes

1) « Accident nucléaire: ne pas céder aux faux calculs » Claudine Schwartz (statisticienne) et Jacques Treiner (physicien) démontrent l’erreur de calcul de Benjamin Dessus et Bernard Laponche, qui ont affirmé dans Libération qu’un accident nucléaire majeur en Europe est une «certitude statistique».

(2) Libération, 3 juin 2011 : «  Accident nucléaire : une certitude statistique »
Par BERNARD LAPONCHE physicien nucléaire, expert en politiques de l’énergie, BENJAMIN DESSUS Ingénieur et économiste, président de Global Chance

(3) Benjamin Dessus et Bernard Laponche « En finir avec le nucléaire » « Pourquoi  et Comment » Seuil 2011.

(4) Ivan Illich « Énergie et Équité » Seuil 1973.

(5) Le Monde vendredi 25 mars 2011, « VGE, l’atome tranquille, sous le septennat de l’ancien président, la France a misé sur le nucléaire. Au moment où l’accident japonais relance le débat, il explique ce choix. »

(6) Le Monde jeudi 31 mars 2011 « Le nucléaire le risque existe en France »

(7) Le Monde jeudi 5 janvier 2012 « L’État et EDF au défi de la sûreté nucléaire »

(8) Le Monde mardi 3 janvier 2012 « Union sacrée à Fessenheim pour défendre la centrale nucléaire »

(9) Le Monde mercredi 6 avril 2011 « Le risque naturel met au défi la sûreté nucléaire. » « Le directeur de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, Jacques Repussard, demande plus de moyens. » Propos recueillis par Hervé Morin.

(10) Par décret du 17 mars 2003, publié au Journal officiel n°66 du 19 mars, Jacques Repussard, a été nommé sur proposition de Jean-François Lacronique, président du Conseil d’administration de l’Institut depuis le 21 janvier. (Source: IRSN)

(11) Le Monde 03 01 2012 «  Nucléaire : l’ASN exige des « dizaines de milliards d’euros » d’investissement »
« Le ministre de l’énergie, Eric Besson, réunira les exploitants des sites nucléaires français (EDF, Areva, CEA) lundi 9 janvier afin de « définir le calendrier de mise en œuvre des demandes » de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Cette annonce suit la publication, mardi 3 janvier, d’un rapport de l’ASN affirmant que les installations nucléaires françaises présentent « un niveau de sûreté suffisant » ne nécessitant l’arrêt immédiat « d’aucune d’entre elles », tout en jugeant indispensable d’investir des milliards d’euros pour accroître leur « robustesse ». »

(12) Le Monde le 03 01 2012 « André-Claude Lacoste : « Il faut un investissement massif » »
« A la suite de l’accident de Fukushima, le gouvernement a demandé un audit de la sûreté des installations nucléaires françaises. Et l’Europe a réclamé des stress tests de l’ensemble des réacteurs. Le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), André-Claude Lacoste, a présenté mardi 3 janvier son rapport à François Fillon. Il en présente les principales conclusions. »



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2 Commentaires, Commentaire ou Rétrolien

  1. Yan_g

    Il va bientôt falloir penser à changer le nom du site en « Nukefree ».

  2. Jean-Marc

    Pas besoin, Yan, car il y a un lien direct entre les 2 :

    Les arguments des tenants du tout automobile, qui placent leur pions pour le futur :

    Ils nous expliquent, que, oui, bon, c’est possible, que la voiture (thermique), çà pollue peut-être un peu, çà tue peut-être un peu, çà consomme de la surface agricole en routes + parkings peut-être un peu, çà crée de l’étalement urbain peut-être un peu, çà dépend d’une énergie (le pétrôle) qui risque de devenir peut-être un peu de plus en plus rare et cher,

    MAIS,
    très gros MAIS
    il y a UNE solution miracle contre tout cela :

    La voiture électrique,
    qui ne pollue plus du tout, qui n’a aucun défaut, puisqu’elle est -quasi- silencieuse !

    (c’est leur argumentaire, pas le mien… si tu ne vois pas le rapport, moi non plus…)

    Donc expliquer que l’électricité, nucléaire ou autre, et son utilisation dans la voiture électrique (tout comme la voiture à hydrogène, ou à gaz comprimé, ou à pédale) n’apportent pas une solution au transport, reste d’actualité.

    Comme les centrales au charbon sont difficilement défendables, on trouvent les plus gros défenseurs de la voiture élec. parmi les défenseurs de l’énergie nuke
    (et vice-versa, avec la décharge des batteries de voitures pour pallier aux pics que les centrales ne comblent pas; et le rechargement des voitures pendant la sous-utilisation des centrales nuke).

    Pas pour rien que S_rkozy a donné notre argent à renault + peugeot (voitures), à Bolloré (voiture élec), et à l’EPR (centrales nukes du futur depuis 50 ans… un peu comme la voiture au gaz comprimé est a voiture du futur depuis 50 ans aussi) :

    Il s’agit d’une démarche en cohérence globale…
    sauf que cette démarche mentale, par l’étalement urbain, par le gaspillage énergétique + en bitumisation + en vies humaines +…
    qu’elle induit, va droit dans le mur, et ne sera pas financièrement supportable par notre société.
    (ou alors, il faudrait faire de tels sacrificices sur d’autres services (santé, éducation, maladie, vieillesse,…) que notre société n’y survivrait pas.
    C.f. http://carfree.fr/index.php/2009/11/18/pour-la-paix-et-la-democratie-lachons-la-voiture/

    Dès qu’on parle à un « grand public » de pollution, il nous sort
    « oui, mais les voitures hybrides sont plus chères… cependant, j’en achèterai -peut-etre- une plus tard » (ou, « j’en ai acheté une », s’il s agit d’un « people »)

    comme si une hybride comme la prius, qui consomme plus de pétrôle qu’une citadine, apporterait le moindre début de commencement de solution au problème…

    Une fois qu’ils nous auront bien vendu l’idée de la nécessité de la voiture élec/hybride; ils nous vendront le nuke qui lui est nécessaire et/ou vice-versa.
    (en fait, c’est déjà le cas… ils nous vendent déjà les 2 idées, chacune étant « justifiée » par l’autre).

    Pendant ce temps, des investissements beaucoup moins couteux, comme la piétonisation des centre-villes piétine, de même que l’installation de parkings à vélos.