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La vie sans voiture(s)

L’île de Sein sans voitures

Deuxième épisode d’une série consacrée aux îles sans voitures. Vous souhaitez passer des vacances réellement sans voitures? Vous voulez voir comment la vie sans voitures est possible? Visitez les îles sans voitures! Aujourd’hui: L’île de Sein.

L’île de Sein est une île française qui a donné son nom à une commune (Île-de-Sein). Elle est située dans l’océan Atlantique, au large de la péninsule bretonne, à 8 km de la pointe du Raz, dont elle est séparée par le raz de Sein. Son nom breton est Enez Sun.

Population: 214 hab. (2008)
Densité : 369 hab./km2
Longueur: 1.8 Km
Largeur: 0.5 Km

L’île de Sein est située à environ 5 milles marins (8 km) de la pointe du Raz. Elle fait partie d’une arête granitique dont la partie immergée se prolonge sur 25 kilomètres vers le large et forme la barrière de récifs appelée la chaussée de Sein. Cette chaussée s’interrompt un peu au-delà du phare d’Ar-Men.

L’île de Sein s’étend sur environ 2 kilomètres. Elle forme un S inversé dont la partie centrale étranglée est large d’à peine 50 mètres. L’est de l’île est occupé par le port et le bourg où est regroupé l’ensemble des habitations. Le grand phare de l’île est situé à l’extrémité ouest.

L’île est bordée principalement par des plages de galets et de sable qui constituent un rempart fragile contre les tempêtes. Des digues ont donc été construites pour éviter sa « destruction » pure et simple. Au XVIIe siècle, Louis XIV reconnaissait lui-même que Sein subissait les colères de la mer d’Iroise et offrait ainsi peu de ressources à ses habitants, d’où son refus de l’imposer.

L’île de Sein est basse (altitude moyenne de 1,5 mètre) et dépourvue d’arbres. Elle fut plusieurs fois presque submergée par des tempêtes (celles de 1830, 1868 et 1897 ont marqué de leur extraordinaire puissance, la mémoire de générations de Sénans qui étaient allés jusqu’à se réfugier sur les toits pour ne pas être emportés). Elle se situe au milieu d’une zone de récifs très étendue et particulièrement dangereuse, la chaussée de Sein parcourue par des courants souvent violents qui dépassent 6 nœuds en vives eaux. Située non loin d’un axe important de navigation commerciale entre la Manche et l’Atlantique, elle a été le témoin de nombreux naufrages de navires venus s’échouer sur sa barrière de récifs. Au XIXe siècle, plusieurs phares ont été construits sur son pourtour, dont le plus célèbre est le phare d’Ar-Men.

Le vent est tout-puissant à Sein: ni arbre ni buisson, une haie maigre. Les petits champs entourés de murets coupe-vent, où les paysannes cultivaient autrefois l’orge et les pommes de terre, sont laissés à l’abandon. Les rares terres de Sein sont envahies de ronces et de broussailles. Là où les murets de pierre tiennent encore, des soucis fleurissent à l’abri, au printemps les pâquerettes ont des tiges. Là où ils s’écroulent, les fleurs subissent l’anémomorphose. Cette absence de relief fait courir le risque des vagues déferlantes qui se sont souvent abattues sur l’île, envahissant les maisons, dévastant les dunes et le port, mais Sein est une île dont « la vague n’a pas eu raison du granit » écrit le général de Gaulle.

Afin de protéger les maisons sénanes des rafales chargées de sable, l’espace entre les façades a été calculé au plus étroit. Le tracé et l’étroitesse des ruelles avaient en effet pour but de couper le vent. Leur largeur aurait été calculée pour permettre le passage d’une barrique. Vous remarquerez d’ailleurs en plusieurs endroits du bourg: il aura fallu « rogner » certains murs de maison pour laisser passer certains engins et matériaux…

Un vieux dicton des marins témoigne du danger de certaines îles de la côte bretonne et particulièrement de l’île de Sein:

« Qui voit Ouessant voit son sang,
Qui voit Molène, voit sa peine,
Qui voit Sein, voit sa fin,
Qui voit Groix, voit sa croix. »

L’île de Sein a eu son heure de gloire, lorsque les 128 pêcheurs de l’île l’ont quittée en 1940 sur six bateaux pour répondre à l’appel du général de Gaulle. En effet, tous les hommes de l’île sans exception gagnèrent la Grande-Bretagne à bord de leurs bateaux à l’appel du 18 juin 1940 sur le poste de radio que Tin’ti Marie avait posé sur le rebord de fenêtre de l’Hôtel de l’Océan. Ces hommes furent parmi les premiers Français à gagner la Grande-Bretagne: quelques jours après l’appel du général de Gaulle, environ 25% des Français arrivés à Londres venaient de Sein. Ce qui valut un éloge de la part du général de Gaulle: « l’île de Sein est un quart de la France ». L’île de Sein est l’une des cinq communes françaises qui ont été faites compagnons de la Libération.

Dans la deuxième moitié du XXe siècle, l’île a connu un déclin démographique très préoccupant pour la pérennité de la communauté, la population passant de 1.300 habitants en 1936 à 214 selon le dernier recensement (2008). Parmi les origines de ce déclin, on peut citer principalement la diminution des stocks de crustacés et de poissons dans les parages de l’île, ce qui a entraîné progressivement le départ des pêcheurs. La dureté de la vie dans l’île, le prix de l’immobilier et l’attrait croissant du continent ont également joué un rôle important.

Sur l’île de Sein, il y a deux musées à visiter, le musée de l’abri du marin (histoire de l’île) et le musée du sauvetage en mer. Il faut mentionner aussi les menhirs des causeurs, nommés ainsi car ils donnent l’impression de se parler.

Plus difficiles à repérer mais si vous cherchez bien, vous trouverez les vestiges d’anciens fours à goémon, témoins d’une activité aujourd’hui révolue: la fabrication des pains de soude à partir de laminaires récoltés, séchés puis brûlés et vendus aux industries pharmaceutiques pour la fabrication de l’iode.

Pour le reste, il y a aussi le Phare de Goulenez à visiter, l’Eglise St Guénolé, un calvaire, le Mémorial des Forces Françaises Libres, une fontaine et surtout les plages de galets et de sable ainsi que la nature sauvage: lichens, algues, rochers, nuages, jeux d’eaux et de lumière… tout prend une dimension poétique.

Si, au hasard de votre ballade sur l’île, vous remarquez un ou plusieurs galets posés sur un casier, une palette, un morceau de bois, cela signifie que l’objet en question est « réservé » et vous devez donc le laisser posé là où il se trouve en attendant que son « propriétaire » revienne le chercher (cela peut prendre plusieurs jours, voire semaines car il vous fait confiance!).

L’île est occupée par environ 100 habitants en hiver et jusqu’à 1.500 en été. A l’île de Sein, il n’y a pas de voitures… juste le camion des pompiers, une camionnette-citerne pour le transport du fioul et le petit train des poubelles (en fait un tracteur tirant des poubelles). L’usage des bicyclettes étant même interdit en juillet et août dans le village par arrêté municipal, les Sénans se déplacent surtout à pied et possèdent de petites charrettes pour les courses ou objets encombrants.

On trouve ces charrettes un peu partout et en particulier sur le port, mais elles appartiennent à des particuliers. La mairie conseille donc de ne pas les emprunter sans en avertir le propriétaire qui compte la retrouver là où il l’a déposée!

Pour les quelques vélos présents sur l’île, il en est de même: ils appartiennent aux résidents et ne sont pas à disposition… Il n’y a pas de Vélib’ sur l’île de Sein!

Avec ses 56 hectares et son 1,50 m d’altitude moyenne, la découverte de l’île de Sein se fait à pied, sans aucune difficulté (une bonne heure suffit pour faire le tour de l’île à pied). Ce rare privilège vous permettra de pouvoir enfin prendre le temps et vous aidera ainsi, ne serait-ce que pour une journée, à oublier la frénésie du continent et à retrouver le plaisir simple du bonjour échangé lorsque vous croiserez un îlien: c’est l’habitude ici, même si on ne vous connaît pas.

L’île de Sein est isolée du réseau électrique continental. Elle produit son électricité localement dans une centrale thermique, localisée dans le phare de l’île. Les groupes électrogènes de la centrale alimentent en électricité environ 300 logements et quelques commerces (épicerie, cafés, restaurants).

Comme il n’y a pas d’eau potable sur l’île, les Sénans ont une longue tradition de récupération de l’eau de pluie. L’eau sanitaire est produite quant à elle par un système de pompage et de dessalement de l’eau de mer par osmose inverse. Ce système est aussi alimenté par la centrale électrique.

L’activité principale de l’île est le tourisme: plusieurs dizaines de milliers de visiteurs débarquent sur l’île chaque année, principalement en saison estivale. Le tourisme permet de faire vivre des cafés, hôtels, restaurants et des résidences secondaires.

L’île de Sein comprend deux hôtels, des chambres, appartements et maisons à louer, ainsi qu’un gite, mais le camping n’y est pas autorisé.

Moyens d’accès

L’embarcadère pour l’île de Sein se situe à Ste Evette, sur la commune d’Esquibien, à 3 km du port d’Audierne en longeant la côte. En temps normal, la traversée dure environ 1 heure. Attention: en cas d’intempéries hivernales, le départ peut s’effectuer de Douarnenez. Il faudra alors compter 2 heures de traversée. Il y a en général une rotation par jour en période hivernale et trois rotations par jour en période estivale.

Depuis 2009, le Conseil Général du Finistère développe l’intermodalité, c’est-à-dire une meilleure coordination des horaires entre les différents moyens de transport afin de permettre des correspondances entre train-car-bateau, en particulier pour les personnes n’ayant pas de voiture. (ATTENTION : pour certaines liaisons, il faut réserver la veille par téléphone)

Il y a dorénavant la possibilité de partir ou de rejoindre Ste Evette-Douarnenez-Quimper.
Cette correspondance est gratuite (précisez-le lors de votre réservation ou du retrait de votre billet afin d’obtenir un coupon pour le car).

Sources:

Ile de Sein sur Wikipédia
Site officiel de la Mairie de l’île de Sein

Crédit Photos: Mairie de l’île de Sein


Îles sans voitures
22 îles, 26 cartes, 168 photographies

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2 Commentaires, Commentaire ou Rétrolien

  1. Tassin

    Merci pour ce joli tour d’horizon!
    On en veut encore!

  2. Max

    Bonjour

    Je vous fais suivre un article de presse qui vous intéressera peut-être. Une affaire qui fait grand bruit en Bretagne en ce moment ! Dans le journal local, « Le Télégramme » en tout cas.

    Je vous envoie cela car j’ai tout particulièrement apprécie la phrase : « Il n’y a pas de voitures, c’est une île dangereuse et hostile ». Il pourrait y avoir des requins tout autour, et le sida à l’intérieur, voire des tribus cannibales, passe encore ! Mais pas de voiture ? Alors là, non ! C’est trop.

    En réalité il ne doit pas y avoir beaucoup mieux qu’une île pour un enfant. Peut-être pas pour un ado, qui peut avoir envie de bouger, mais pour un enfant c’est plutôt un véritable paradis de nature et de liberté. En plus à l’Ile de Sein comme il n’y a que quelques élèves ça doit être du suivi personnalisé à l’école…

    Voici :

    http://www.letelegramme.fr/ig/generales/regions/finistere/sein-une-ile-hostile-selon-un-juge-06-09-2013-2223884.php