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La vie sans voiture(s)

L’île de Molène sans voitures

Premier épisode d’une série consacrée aux îles sans voitures. Vous souhaitez passer des vacances réellement sans voitures? Vous voulez voir comment la vie sans voitures est possible? Visitez les îles sans voitures! Aujourd’hui: L’île de Molène.

Molène (Molenez du breton « moal » : chauve et « enez » : île) est une île française de la mer d’Iroise au large de la côte ouest du Finistère, en Bretagne. Avec quelques îlots voisins, elle constitue la commune d’Île-Molène dont les habitants sont les Molénais(es).

Population: 211 hab. (2009)
Densité : 293 hab./km2
Longueur: 1.2 Km
Largeur: 0.8 Km

Distante d’environ 15 km du Conquet, sur la côte ouest du Finistère, Molène est l’île principale de l’archipel de Molène. Elle mesure 1200m sur 800m, soit 72 hectares. Son point culminant est situé à 26m au-dessus du niveau de la mer. Le surnom de l’île de Molène est « l’île tranquille ».

Le bourg et le port autour duquel il s’organise est situé à l’est, protégé par le Ledenez Vraz, petite île qui y est rattachée par un estran à marée basse. À l’ouest, en face de l’île d’Ouessant, s’étale un paysage de lande bretonne caractéristique. Comme l’ensemble de l’archipel de Molène, l’île présente un environnement remarquable et fragile.

Lors de votre passage à Molène, vous serez sans doute surpris de voir que les quelques commerces sont un petit peu éparpillés dans l’île. Mis à part l’hôtel et son café, et à l’inverse de l’île de Sein par exemple, aucun commerce ne se trouve sur le port! Mais ne vous y trompez pas, ça n’a pas toujours été le cas.

Bon nombre de cafés et d’épiceries ont aujourd’hui disparus, et certains étaient situés sur ce port pourtant si chaleureux et accueillant…

Il faut dire également, qu’ il n’y a pas sur l’île de « bourg » proprement dit. En effet, par exemple, l’église Saint Ronan n’a pas de parvis ni de commerce à proximité, la Mairie est « coincée » dans une petite ruelle, la poste est dans une autre rue, bref il n’y a pas 2 commerces qui se touchent…

En revanche, on peut prendre quand même la place du Karit comme référence pour parler du bourg de Molène, car c’est la seule place dégagée de l’île, avec sa Croix micaschiste de 3,4 mètres datant de 1618 située au centre. Et si cette place a connu des vaches venir y brouter, elle a surtout connu des commerces et même l’ancienne centrale électrique sur ses bords…

Pas de Police ni de Gendarmerie sur l’île! Cette dernière venant du continent n’ est appelée en renfort par la mairie, que quand un litige dépasse ses compétences… Cela dit, la gendarmerie du Conquet, aime à rappeler à certains que Molène ne peut vivre en toute impunité, et organise des visites très régulières sur l’île…

La gendarmerie maritime, veille au grain, elle patrouille et contrôle régulièrement dans les eaux de l’archipel!

La seule « autorité » présente en permanence dans l’archipel, c’est le garde de la Réserve Naturelle. Jean-Yves Le Gall et son adjoint, qui à bord de leur vedette « Noëlig » veillent à faire respecter la réglementation des allers et venus dans les îles et îlots de l’archipel.

« à Molène… c’est la cure de repos assurée ! »

Pas de voitures! Si ce n’est 3 ou 4 véhicules servant aux commodités de l’île (comme le taxi, qui pour une somme modique, vous déposera avec vos bagages à votre lieu de location ou de résidence.)

Molène possède en outre son ambulance ou encore son petit camion de ramassage des ordures.

Les 2 roues motorisés y sont interdits depuis une vingtaine d’années.

Apparemment, on peut faire du vélo sur Molène mais est-ce bien nécessaire?

Un terrain de camping est à votre disposition dans le sud de l’île.

Pour les voiliers une zone de mouillage est prévue dans le port abrité.

Molène n’est pas bien grande pas rapport à sa voisine Ouessant, c’est vrai… mais elle n’a pas à rougir de ses équipements, de ses services ou de ses commerces…

Les soins (longtemps exercés par les sœurs de la charité – toujours présentes sur l’île) sont actuellement assurés par une infirmière originaire de Ploudalmézeau. Il y a également un Médecin Conquétois qui vient une fois par semaine et consulte sur rendez-vous.

Les médicaments de première nécessité sont disponibles à la « pharmacie » de l’île, le dispensaire.

En cas de grave maladie ou d’accident, selon la gravité, c’est soit le canot « tous temps » Jean Cam de la S.N.S.M qui assure l’évacuation sanitaire vers le continent, ou soit l’hélicoptère de la sécurité civile qui rapatriera le blessé directement sur le CHU de Brest – Cavale Blanche. (et ce dans un temps record !!)

Il arrive également en cas de besoin qu’ une équipe soignante embarque à bord de La Louve (Le canot de sauvetage du Conquet) et intervienne à Molène. Donc pas de panique, les urgences sont très organisées sur l’île…

Les nouvelles communications ont même atteint l’île de Molène avec son Internet Haut Débit et son « EMM » Espace Molene Multimédia (réseau Cybercommune).

Par contre, il n’y a pas de boulanger sur l’île!! du moins, il n’y en a plus. L’unique boulangerie a en effet fermé ses portes il y a une vingtaine d’années. Les Molènais reçoivent tous les jours avec le 1er bateau (~9h00) le pain du continent… L’alimentation et le tabac se transforment alors en dépôts de pain. Les plus méthodiques auront pris la précaution de passer leur commande la veille! (rassurez-vous, il y en a toujours un peu plus…)

Il n’y a pas de dentiste. Les Molènais peuvent profiter d’une permanence sur l’île d’Ouessant 2 fois par semaine (Dr Philippe HAMOT – Guipavas), ou aller sur le Continent…

Il n’y a pas de coiffeur. Quelques-uns viennent sur l’île pour la journée quand il ont assez de rendez-vous… sinon : continent ou système D!

Et pour finir, il n’y pas non plus de banque, de boucherie, de charcuterie, de mercerie, bref…. Molène se débrouille comme elle peut, et elle se débrouille plutôt bien…

En effet tous ces services sont tout de même présents sur l’île grâce à son alimentation générale, son bureau de tabac-droguerie et sa poste!

Autre info originale, les deux restaurants et l’hôtel de Molène semblent fonctionner « à l’heure solaire »…

Moyens d’accès

Le meilleur moyen de se rendre à Molène est de prendre le bateau… Avec la Cie maritime Penn Ar Bed au départ de Brest ou du Conquet (pour les liaisons régulières) et périodiquement au départ de Camaret. D’autres traversées sont proposées en saison par exemple par la Cie Maritime Vedettes des Abers au départ des Abers…

Depuis Le Conquet, le temps de traversée varie de 25 à 40 minutes selon les navires. Il y a des bus qui desservent Le Conquet depuis Brest.

Sources:

Ile de Molène sur Wikipédia
Archipel de Molène sur Wikipédia
Site officiel de l’île de Molène, créé par un habitant et géré par la mairie

Crédit Photos: Jean-Louis Potier


Îles sans voitures
22 îles, 26 cartes, 168 photographies

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18 Commentaires, Commentaire ou Rétrolien

  1. Tassin

    Passionnant ce petit reportage!!
    L’été dernier je suis passé à l’Ile d’Yeu en Vendée, de taille plus importante (30km de périmètre). Je me suis dis que c’était un bon gabarit pour lancer une expérience de vie sans voiture car l’Ile par certains endroits est surchargée par les touristes qui ne peuvent évidement pas se passer de voiture pendant 15 jours quand toute l’ile est accessible à moins de 30 minutes de vélo.

  2. Oui je connais aussi l’île d’yeu, c’est un peu comme Bréhat et Batz, des îles où il serait tout à fait possible de se passer de voiture complétement mais où la voiture est encore (trop) présente. Ceci dit, on peut quand même qualifier ces îles de « pauvres en voitures » car il y en a quand même moins que sur le continent. En règle général, seuls les résidents permanents ont droit à la voiture, ce qui correspond à un parc automobile « moyen » (environ 1 voiture pour une ou deux personnes), mais durant la saison estivale, la population de ces îles explose en général et le trafic automobile devient alors beaucoup moins prégnant, du moins si on le compare avec les stations balnéaires de la côte à la même époque! Donc, ce ne sont pas des îles sans voitures, mais des îles « pauvres en voitures ».

  3. Tassin

    @ Carfree : Il me semble que les résidents occasionnels (qui sur cette île sont principalement du profil cadres parisiens catholiques qui lit le Figaro, portant un short beige, des pompes à gland et avec un pull bleu pastel sur les épaules) ont une bagnole qui dort dans le garage de leur résidence secondaire.

    Tu voulais peut-être dire que ce sont les personnes propriétaires sur l’ile qui ont le droit à une voiture?

  4. Pim

    pour info, l’ile de Brehat est interdite aux voitures depuis pas mal d’années, mais comme le dit Tassin, les proprios font partie d’une « secte », enfin une grande famille quoi.
    Perso, je ne pense pas qu’il y ait grand chose à tirer de ce modèle de vie/modèle économique etc. si ce n’est l’exemple que sur des petites distances, la voiture est TOTALEMENT inutile.

  5. @ Tassin
    En fait tout dépend des îles et je ne sais pas quelle est la situation actuelle pour Yeu. Il y a des îles où seuls les résidents permanents ont droit à la voiture, d’autres où effectivement tous les propriétaires ont droit à la voiture (ce qui change tout…) et même des cas encore plus compliqués où seuls les propriétaires pouvant prouver qu’ils vivent plus d’un certain temps par an sur l’île (un mois, deux mois, etc.) ont droit à la voiture… En fait, j’ai l’impression qu’il y a autant de cas que d’îles…
    Pour l’île d’yeu, avec une population permanente de 4.800 habitants, on peut compter environ 2.000 voitures (ce qui correspond à peu de choses près au nombre de résidences principales). Mais j’ai été voir sur le site de la compagnie de transport de l’île, il est vrai qu’on peut semble-t-il faire venir une voiture sans problème! Apparemment, pas besoin d’être résident ou d’avoir une résidence secondaire. La seule limite à l’envahissement devient le prix de la traversée pour une voiture.

    @ Pim, la voiture n’est pas interdite sur Bréhat, car pour une population de 444 habitants, on peut compter quand même une centaine de voitures! Il est seulement impossible de faire entrer une voiture si on n’est pas résident de l’île.

  6. Nicolas

    Eh bien, le week-end prochain, je vais même doubler Molène pour me rendre à Ouessant. Ce sera un week-end sans voiture, entre train, autocar et bateau.

  7. Pim

    @Carfree : pour y être allé il y a 4a, la voiture était interdite. Seules les voitures des services municipaux étaient autorisés. Wiki (une source sure donc! ;-) ) confirme mon propos. Mntnt, je ne suis pas breton, je peux me tormper.

  8. @ Pim
    Pour les chiffres, je me suis fié au recensement insee qui donne le nombre de voitures par ménage à l’échelle communale. En 2008, Bréhat avait 120 ménages possédant au moins une voiture. Voir en bas de la page suivante:
    http://recensement.insee.fr/chiffresCles.action?codeMessage=5&plusieursReponses=true&zoneSearchField=BREHAT&codeZone=22016-COM&idTheme=6&rechercher=Rechercher

  9. Pim

    étrange ces chiffres. Mais il n’est pas impossible que les propriétaires des voitures soient contraints de la laisser à Paimpol sur le continent… Si des bretons sont au courant, je suis curieux de savoir

  10. C’est effectivement une possibilité, tout au moins pour une partie du parc automobile.

  11. kamila

    A Bogota en Colombie, chaque dimanche matin, les voitures sont interdites de circulation sur certains grands accès.Les habitants prennent leur vélo ou leur patins pour s’élancer sur les routes libérées. Certains pays etudient comment reproduire « la ciclovia » dans leur capitale.

  12. Michelle 13 Michelle

    Très intéressant cette conversation

  13. Tassin

    C’est hallucinant qu’une île comme Ouessant, vachement plus petite que l’île d’Yeu soit envahie de voitures!
    Il est tout à fait possible de vivre sans aucune voiture là bas.
    Peut-être un service de voitures partagées sur la commune qu’on peut louer pour transporter occasionnellement des objets encombrants et lourds. Mais la voiture personnelle devrait être quasiment interdite.

  14. Tassin

    J’ajoute également que les îles sont un excellent endroit pour développer les énergies renouvelables. En général leur électricité est fournie par des groupes électrogènes ou une petite centrale thermique suivant leur taille, et il est d’ors et déjà beaucoup plus rentable de produire du PV et du petit éolien que de l’électricité issue du diesel (environ 40c€/kWh). On peut donc facilement passer à 50% de renouvelable pour commencer puis en développant du stockage hydraulique atteindre progressivement 100%.

    Je ne sais pas où en sont les communes à ce niveau mais ce seraient des expériences passionnantes à mener.

    100% renouvelable, de rares voitures utilitaires et partagées. C’est ça l’avenir non?

  15. LEGEOGRAPHE

    @ Carfree :
    Sur l’île d’Ouessant (cf article dans lien, voir supra)

    Pendant la saison froide, les 859 résidants permanents d’Ouessant possèdent environ 250 voitures, « souvent indispensables pour aller travailler », précise le maire, qui lui-même en possède une. Le vrai problème se pose l’été, quand ce nombre double avec l’arrivée des vacanciers.

    C’est triste de répéter toujours le mot « indispensable »…
    Franchement, c’est tragique, je me fais du souci pour l’humanité…

    Quand on sait combien Ouessant souffre des marées noires…

  16. JiBOM

    @LEGEOGRAPHE
    Toute la subtilité consiste à placer l’adverbe « souvent » juste avant « indispensable » même si l’usage est absolument systématique. Cela permet ainsi de laisser entrevoir une utilisation « modérée » d’un objet parfaitement dispensable dans la majorité des cas.

  17. Nicolas

    Petit bilan au retour d’Ouessant :
    des voitures, en effet, qui peuvent trouver leur intérêt lorsqu’il s’agit de charger des matériaux. Mais pas pour aller au travail… Je ne peux comprendre cet argument, comme je ne peux comprendre que certains automobilistes de l’île s’attendent à ce que les piétons se rangent sur les accotements sans trottoir lorsqu’ils les doublent. Car il est impossible d’être en retard sur une île traversée en 10 minutes en auto…
    L’île est nue, il y a peu d’arbres. Le mitage de l’espace est donc directement visible. Ce mitage est traditionnel, mais il n’est pas, pour autant, esthétique. De plus, il contribue à maintenir cet usage de l’auto.
    En tout cas, l’environnement marin est fantastique (géré par l’institution Parc Naturel Régional d’Iroise) mais il n’est épaulé par aucune pratique humaine (isolation, panneaux solaires, zones à priorité piétonne, etc.) permettant de réduire son impact.