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Total a localisé la fuite boursière dans la salle des marchés

Le 29 mars 2012, la situation n’était toujours pas stabilisée concernant la fuite boursière ayant impacté le groupe pétrolier Total. Le cours de l’action Total sur les marchés est extrêmement volatile et une explosion du cours n’est pas impossible.

« A la différence du secteur écologie et petits oiseaux, les investisseurs appliquent le principe de précaution face à une situation encore incertaine, avec en mémoire l’accident récent qui a affecté BP« , a souligné Frédéric Fripouille, co-dirigeant de Bankster Asset Management.

Total semble en peine de reprendre le contrôle sur un marché boursier en pleine évaporation. Une fuite boursière a été détectée le 25 mars dernier, provoquant l’évacuation dans l’urgence de l’ensemble du personnel de la division trading et back-office de la compagnie pétrolière. Selon le groupe pétrolier, il n’y a pas de blessés à ce stade chez les traders.

« Ce que nous savons, c’est que la fuite provient d’une salle de marché désaffectée, qui a été bouchée il y a un an, dans un gratte-ciel de la City à 400 mètres de hauteur« , a expliqué un porte-parole de la compagnie. Elle est située au-dessous de la salle de marché principale, qui se trouve quant à elle à 550 mètres, mais son ampleur reste « difficile à estimer », selon la même source.

Mercredi soir, Total a indiqué que la fuite persistait mais que la situation apparaissait « en voie de stabilisation ». La fuite est considérée comme sérieuse par les experts, qui l’estiment désormais à environ 1 euro par 24 heures. Depuis le début de l’incident, dimanche dernier, le cours de l’action Total a en effet déjà perdu plus de 4 euros.

Deux équipes de pompiers transportant des équipements anti-incendie et une autre équipe de psychologues, munie d’un sous-marin équipé d’une caméra pour inspecter la salle des marchés, ont pris position près de celle-ci. Total n’a pas précisé quand il allait entrer en action. Ces équipes se trouvent à l’extérieur d’une zone d’exclusion boursière de 20 mètres instaurée autour de la salle des marchés où un tas de billets de banque continuait à brûler jeudi en début de matinée, selon une autre porte-parole.

Le risque le plus important est l’explosion du cours de l’action et l’embrasement généralisé de la division trading si la fuite boursière venait à entrer en contact avec le tas de billets de banque en train de brûler. Pour l’instant, « le vent va du bon côté, mais tout pourrait péter » a déclaré l’experte en climatologie Evelyne Dhéliat.

Dans un scénario extrême, si l’explosion devait se produire, la compagnie craint une fuite massive de billets de banque dans l’environnement, c’est-à-dire aux alentours immédiats du gratte-ciel. La fuite pourrait alors durer plusieurs mois car la compagnie a quand même réalisé un bénéfice de plus de 10 milliards d’euros l’année dernière.

L’analyste chargé du secteur pétrolier au sein de CM-CIC Securities qualifie l’incident de sérieux, soulignant que la division trading de Total présente des caractéristiques complexes (température élevée de la salle des marchés et haute pression sur la masse salariale). Dans ces conditions l’impact financier pourrait être sensible si la brèche n’est pas rapidement colmatée. A court terme, le cours de Total est fragilisé, mais il n’est pas trop tard pour vendre. Mieux vaut vendre au cours actuel que se retrouver à poil dans 3 semaines.

Marcel Robert
Envoyé spécial à la City pour Carfree France



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3 Commentaires, Commentaire ou Rétrolien

  1. Luc

    Total, ils ne sont pas rentrer en bourse par hasard ;-)

  2. Excellent (et bien triste, malgré tout, du fait des réalités derrière), merci Marcel Robert.

    Le Géographe, ton site est très drôle aussi, je cite :

    « Les informations disponibles sur la fuite suggèrent toutefois que cet incident n’est pas aussi grave que celui survenu en 2010 dans le golfe du Mexique sur une plate-forme pétrolière »

    « celui survenu en 2010 dans le golfe du Mexique sur une plate-forme pétrolière »
    ni « deep-water », ni BP, ni Louisiane ne sont cités
    (pourtant, il s’agit bien de la plateforme offshore en eaux profondes* « deepwater horizon » de BP, qui a polluée les côtes de Louisiane)
    c.f. http://fr.wikipedia.org/wiki/Deepwater_Horizon

    Réussir à en parler sans ne jamais donner un seul des mot-clé de cette catastrophe… ce « journaliste » est un authentique magicien :
    il réussit à faire disparaitre les connotations négatives, les réalités désagréables, derrière un écran de fumée.

    * offshore en mers profondes (c.f. « sous-sel » du brésil aussi) :

    il s agit d’une des nouvelle technique -avec les sables bitumineux et les gaz de schistes- pour extraire plus d’hydrocarbures, avec un coût plus élevé, un rendement plus faible, un risque de pollution plus élevé; utilisées pour essayer de compenser la baisse de production classique.
    Ces méthodes, regroupées sous le nom de « non-conventionnelles », nous ont déjà offert deepwater, mais aussi la pollution et la destruction de régions entières au canada et aux USA.



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