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La vie sans voiture(s)

Le Cauchemar pavillonnaire

Les zones pavillonnaires, affublées à l’occasion du joli nom de lotissement, envahissent inexorablement les abords des villes et des villages, selon un modèle administratif et économique qui, indifféremment du lieu, se reproduit à l’identique.

Elles incarnent un idéal et un mode de vie fondés sur l’aliénation désirée. L’obsession de l’hygiène et de la sécurité, le culte de la marchandise et de la propriété privée ont remplacé les solidarités et la culture de résistance des classes populaires.

L’expérience de la relation à autrui se réduit au désir mimétique de posséder les mêmes signes de la réussite individuelle. Cet univers, parfaitement structuré, enferme l’imaginaire dans un espace étriqué, accentue le repli sur soi et appauvrit la vie sociale.

L’espace, quadrillé, découpé en plans de circulation, repose sur une logique de flux. La notion de « ville » – et bientôt de « campagne » – s’efface. Désormais réduites à leur centre historique, les villes sont cernées par des zones spécialisées: industrielles, commerciales, résidentielles, vertes, de loisir…

Les enjeux de pouvoir se sont toujours traduits dans l’organisation de l’espace social. Tout système politique peut être analysé au travers de son architecture. Ce livre permet de comprendre celui dans lequel nous vivons.

Le Cauchemar pavillonnaire
Jean-Luc Debry
éditions L’échappée
A PARAITRE EN AVRIL 2012
128 pages | 12 x 18,5 cm
10 euros | isbn 978-29158306-4-4



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13 Commentaires, Commentaire ou Rétrolien

  1. Tassin

    En voilà un bouquin qui doit être intéressant!

  2. lynx

    Vous voulez parler de ces pavillons bien proprets, gazon parfaitement ratiboisé avec la tondeuse autoportée, cour bitumée, portail automatique (mais on laisse quand même les voitures garées sur le trottoir), Karcher bien en évidence pour laver le quad…Quel cauchemar en effet!

  3. MOA

    Un grand nombre de mes concitoyens auraient pu écrire le commentaire de Lynx avec une conclusion tout autre : quel rêve !… non pas un « rêve » par défaut parceque l’on aurait pas le choix, mais un « rêve » -incluant tous ces attributs :gazon, portail, cours bitumé- consciemment recherché.

  4. MOA

    Bien sûr « cours bitumé » ne veut rien dire, il s’agissait bien de « cour bitumée ».

  5. Nico

    en effet, Lynx, ton cauchemar est au contraire le rêve de paradis pour presque tout l’Occident, et ce que nous savons moins: un rêve encore plus fascinant pour les villageois et urbains des pays pauvres du Sud. La mode de l’hyper consommation gagne du terrain à grande vitesse. Seule la chute des ressources pétrolières sera capable d’endiguer ce cauchemar.

  6. kenny

    Pourquoi tant de haine? Que je sache, personne n’est forcé de vivre en banlieue résidentielle si ce style de vie ne lui sied pas. Mais comme le dit Nico, c’est bel et bien ce à quoi beaucoup, beaucoup de monde aspire. Supposer automatiquement que tous les péri-urbains et tous ceux qui rêvent de le devenir ne peuvent qu’être des aliénés mûs par des désirs mimétiques, c’est faire preuve d’une incroyable suffisance.

  7. JiBOM

    Vous auriez raison Kenny, si cette aliénation était fausse. Cet idéal du lotissement périurbain est maintenant tellement travaillé et écumé qu’il en est devenu normal et évident.

    A l’inverse, j’ai déjà lu et entendu des rurbains désigner avec suffisance les citadins qui se battent pour rendre leur ville plus calme, plus arborée et fleurie, plus piétonne, plus cyclable, moins polluée… bref, plus agréable. Ceux-là sont traités d’urbains-bobos tout simplement parce qu’ils sont considérés comme des rêveurs totalement déconnectés de la réalité. Imaginez un peu ! A cause d’eux, les honnêtes automobilistes de banlieue ne peuvent plus pénétrer la ville aussi facilement qu’avant, cette ville qu’ils conspuent et ont fui car elle transpire la pollution et la dangerosité de son trafic, parce qu’il y a trop de minéral et pas assez de végétal !

    On touche au comble de l’ironie. N’est-ce pas du mépris et de la suffisance que de refuser à ceux qui sont restés en ville la possibilité de vivre dans un cadre apaisé et verdoyant de la part de ceux-là même qui, en s’installant en périphérie, ont provoqué l’augmentation des nuisances ?

  8. Jean-Marc

    Jibom,
    je plussoie tes 2 derniers paragraphes, mais j’en modifierai une petite partie :

    … »pour rendre leur ville plus calme, plus arborée et fleurie, plus piétonne, plus cyclable, moins polluée… bref, plus agréable. »

    devenant, pour moi :

    … »pour rendre leur ville plus calme, plus arborée et fleurie, plus piétonne, plus cyclable, moins polluée… bref, plus vivable. »

  9. JiBOM

    « plus vivable »… le terme me convient volontiers ; il est en effet plus juste et plus parlant.

  10. Pim

    Juste au moment de la parution de ce livre, je découvre en même temps cet article sur l’étalement urbain et les vieux aux USA :
    http://blogs.rue89.com/american-ecolo/2012/04/05/des-vieillards-americains-cloues-la-maison-bien-fait-pour-eux-227081

  11. Pim

    Quelques mois plus tard, l’excellent bloc transit-city publie cet article, sur le déclin de l’étalement urbain et de la voiture aux USA
    http://transit-city.blogspot.fr/2012/06/la-revolution-urbaine-americaine-en.html

  12. Jean-Marc

    Le déclin est très progressif :
    Sur la 1ere image de ton lien, PIM, on a constamment le trait bleu sous les 2 autres :
    le centre-ville grossis constamment moins vite que les banlieues proches et lointaines.

    A partir de 2007, on voit un changement de tendance.
    Mais, pour atteindre le début de retournement (bleu au-dessus de jaune/orange clair), il faut attendre le dernier point, 2011.
    (et l’orange/orange foncé, continue à croître, en population, plus vite que les centre-villes)

    Par contre, les 3eme graphe (plateau de nombre de véhicule sur les routes depuis 2006) et 5ème graphe (évolution des prix au m2, en proche centreville et banlieues), montrent bien qu’il s’agit d’une tendance de fond :

    Si les gens continuent à aller en banlieues, c est par l’incitation des prix… et non plus par l’incitation du mode de vie, qui les attiraient. Au contraire, la demande solvable (et donc les prix) progresse en centre-ville.

    Dans ton lien sur rue89, PIM, un commentaire très intéressant :

    jyeden : »ce qui serait interessant c’est un article sur les lotissements « fermés » ou « sécurisés »
    là ou les americains peuvent vieillir loin des jeunes
    (mais à la merci de leurs garde(iens) »

    Car de plus en plus d’américains vivaient en « lotissements privés » en banlieues, avec gardiens et mur d enceinte, et règlement intérieur ultra-contraignant (mais contraintes acceptées, votées, par une majorité de leurs « habitants »).
    Il serait intéressant de savoir si ces lieux artificiels de non mixité sociale (et parfois de non mixité générationelle revendiquée) sont en déclins eux aussi, ou s’ils continuent à prospérer.

    (il s’agit de lieux 100% artificiels, un peu comme les « life style center » pour les faux centresvilles,mais appliqués à la résidence de particuliers c.f.
    http://carfree.fr/index.php/2011/08/17/life-style-center-le-concept-ultime-de-la-fin-de-la-ville/ )

  13. Sur les lotissements privés ou « gated-communities », c’est-à-dire fermés et regroupant soit des populations de riches ou de vieux (voire les deux…), je conseille le très bon film « La Zona »:
    http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Zona,_propri%C3%A9t%C3%A9_priv%C3%A9e
    C’est un phénomène né aux USA, mais qui se développe en fait partout, y compris en France, mais surtout dans les grandes villes des pays du sud où les inégalités sociales sont les plus flagrantes.